11/04/2008

Presse : "Pourquoi payer quand on peut avoir gratuit ?"

Comme d'habitude, je regarde d'un oeil Morandini ! sur Direct 8, où l'on débat sur la presse écrite. Finalement Jean-Marc demande à son panel de 4 personnes s'ils lisent des journaux gratuits et/ou des payants : les 4 se contentent des gratuits. Bon. Soit. Ils ont sans doute des problèmes de "pouvoir d'achat". Mais l'un d'eux dit carrément, pour finir en beauté : "Pourquoi payer quand on peut avoir gratuit ?"

Pourquoi payer ?! 

Raah mais c'est pas vrai... je veux bien que les gens dans le métro prennent Métro (justement) ou 20 minutes pour passer le temps et vaguement "s'informer", et qu'ils puissent ne pas avoir l'argent pour payer un quotidien tous les jours (ça coûte super cher !), mais ne pas voir qu'il y a une différence entre journaux gratuits et journaux payants !

J'en reste sans voix... je veux bien que la qualité des journaux payants soit inégale, mais entre Le Monde, et Métro ! entre Libération, et 20 minutes ! Bien sûr qu'il y a des différences, et énormes ! Je veux bien reconnaitre que les journaux payants ne sont pas parfaits, et pourraient être encore meilleurs, mais c'est incontestable qu'il y a une différence...

Pour vraiment comprendre ! 

Les journaux gratuits ont deux qualités : être gratuits, et informer vaguement, en gros, de ce qui se passe dans le monde.

Mais ils ont un gros défaut : n'être (quasiment) que des dépêches AFP/Reuters/AP découpées et rentrées dans les cases. Ce sont donc des articles écrits par des agences, avec aucun point de vue, aucun approfondissement, aucune enquête...

Alors que dans les journaux payants, ce sont tous des journalistes qui écrivent les articles, des gens qui ont une culture assez étendue, qui suivent l'actualité depuis longtemps, qui connaissent les sujets, et qui savent que s'il se passe telle chose dans le gouvernement, c'est parce qu'il était arrivé telle autre chose il y a un an, et que si un homme politique fait telle déclaration, c'est qu'en fait il voulait dire tout autre chose... etc. Et donc ils peuvent vraiment donner un point de vue plus intéressant, plus nuancé, sur une même information qu'auront traité les gratuits.

En outre, quand les gratuits se contentent de relayer les infos des agences, les payants abordent aussi d'autres sujets, plus pointus, plus fouillés, inédits, dont on n'entend pas parler ailleurs...

Bref, essayez les payants au moins de temps en temps, pour voir la différence, par pitié... 

 

PS : vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi ils étaient gratuits ? parce qu'ils se financent seulement par la pub, évidemment, mais parce qu'ils font aussi des économies sur leur personnel : il y a beaucoup moins de "journalistes" dans un gratuit que dans un payant ! (après une petite recherche, il apparait par exemple que, à 20 minutes, il n'y a que environ 90 journalistes, alors que par exemple au Monde ils sont 340 (90 devraient malheureusement êtres virés suite à un plan social dans les prochaines semaines). Donc évidemment, ils ne peuvent pas faire le même travail...)

09/04/2008

Ah, ces Chinois alors...

Hier je regardais I-Télé, où ils nous ont fait découvrir des images particulières, concernant le parcours de la flamme olympique à Paris. On ne voyait pas des images de manifestations ou de protestations, au contraire. Mais deux choses étaient intéressantes.

D'une, la télé chinoise avait réussi à trouver des Français ultra positifs envers la Chine, et les interviewaient dans la rue, tenant des drapeaux chinois, disant que c'était n'importe quoi ces protestations, et que l'un d'eux était venu exprès de je ne sais où (quelque part dans les dom tom) exprès pour voir le parcours de la flamme... ah bon... quelle motivation ! Et de deux, des Chinois qui voyaient ces caméras chinoises filmer sont venus et... les ont pris en photo ! Quand on dit qu'ils prennent tout en photo, ça doit être vrai... ;) 

Ah, ce Delarue alors... inimitable...

Mais comment Delarue fait-il pour nous surprendre toujours dans le choix de ses sujets ?!

Laisser la télé allumée après qu'on ait vu le 13h de France 2, c'est en effet s'exposer à des sujets régulièrement racoleurs et/ou démago. Le sujet d'aujourd'hui ? "Les ch'tis sont-ils les Français les plus sympas"...

Non mais soyons sérieux, c'est quoi ce sujet ?!

J'ai rien contre les "Ch'tis", mais bon, d'une, pourquoi en parler maintenant ? pour profiter du succès du film ? nooonn, quand même pas ! Si si. Et de deux, pourquoi une telle formulation ? Sont-ils les plus sympas des Français ?! c'est idiot, il y a des gens sympas et des gens cons partout, dans toutes les régions, tous les pays, toutes les classes sociales, tous les âges, etc...

Décidément, je ne comprends pas ce que fait Delarue sur le service public... (d'ailleurs lorsque au début j'ai découvert ses émissions, je pensais être sur TF1...)

02/04/2008

Nouvel Obs : la direction change, vive la direction !

Il y avait foule ce matin à la conférence de rédaction du Nouvel Obs, à tel point que nombreux ont été ceux qui ont dû patienter dans le couloir, tentant d'entendre quelques bribes de ce qui se disait à l'intérieur.

Du renouveau à la direction du Nouvel Obs 

Et pour cause : Denis Olivennes venait faire un petit speech de présentation. Lui qui devient directeur général délégué du Nouvel Observateur, et directeur de la publication, souhaitait faire connaissance avec l'équipe en place, et montrer qu'il n'allait pas tout chambouler. En effet, il a tenu à rassurer les journalistes présents : il est satisfait de ce qui se fait dans l'hebdomadaire, et va continuer ainsi, selon trois fils conducteurs. Tout d'abord continuer à assurer la prospérité du titre ; ensuite le développer, que ce soit côté papier ou web (peut-être en développant les interactions entre les deux) ; et effectuer un rajeunissement éditorial. Si tout cela est encore un peu vague, il a toutefois montré qu'il était à l'écoute du co-fondateur du journal, Claude Perdriel, qui l'a nommé à ces postes.

Un oral plutôt réussi 

Si rien de spectaculaire n'a été dit, Denis Olivennes a cependant réussi son entrée : on a pu le noter aux rires qui ont émaillés la rencontre, et aux quelques commentaires entendus, dont une journaliste qui semblait sous le charme. Dommage donc pour ceux qui ont dû patienter dans le couloir sans pouvoir profiter pleinement du spectacle : habituellement on assiste sans souci à la conférence de rédaction. D'ailleurs, lorsque celle-ci a commencé, un certain nombre sont partis vaquer à leurs occupations, laissant un peu de place aux infortunés du couloir...

26/03/2008

Y a-t'il de l'info dans le JT ?

Mercredi 26 mars 2008, 13h : je mets France 2. La présentatrice annonce les gros titres : la visite de Nicolas Sarkozy en Grande Bretagne, le décès du journaliste sportif Th. Gilardi, et quelques autres choses.

Puis, premier sujet : ah non, ce n'est pas vraiment un sujet. En fait on se retrouve à regarder notre président et son épouse descendre d'avion sur le sol britannique, saluant diverses personnes, puis se rendant chez la reine, le tout accompagné des commentaires de la "journaliste" ("vous noterez que Mme Sarkozy-Bruni a un tailleur et un béret gris" >> euh oui notons-le) et de Stéphane Bern, spécialiste ès têtes couronnées.

On apprend que Mme l'épouse du président a failli faire un faux pas vestimentaire : "Habillée en gris, ça va, même si ce n'est pas la couleur préférée de la reine, mais en noir cela aurait été un faux pas." Ouf, on a évité l'incident diplomatique. Mais notre cher président est quelqu'un d'important : "La reine met les petits plats dans les grands pour deux personnes : le chef d'état américain, et le président français". Ah quand même, la classe...

Mais ça continue, encore et encore... c'est que le début... d'accord, d'accord.

30 minutes de JT sur le président en GB ?! 

Il est 13h15, on est toujours avec les Sarkozy au Royaume-Uni. De temps en temps, on entend la correspondante sur place, qui commente les carrosses ("ce sont des carrosses ou des calèches ?" interroge la "journaliste") qui passent, ou le nombre de personnes amassées sur les bords de route. Finalement, on arrête la visite en GB vers 13h30.

Je n'ai rien contre la visite d'Etat du président en Grande-Bretagne. C'est normal d'aborder ce sujet, d'autant que cela n'arrive qu'une fois. Mais faut-il en faire autant ? Ne serait-ce pas plus judicieux de consacrer un reportage diffusé à l'extérieur du journal (type Envoyé Spécial) fouillé et complet sur les enjeux de cette visite (et pas sur la manière dont est habillée la 1ere dame...) ?

Et réserver le Journal Télévisé pour faire le tour de l'actualité de manière plus exhaustive ? il se passe tant de choses dans le monde, et un JT c'est déjà très court, si en plus on passe 30 minutes pour parler d'un seul sujet...